Dormir à l’église

Je parlais avec un ami cette semaine et il m’a avoué qu’il s’assoupissait parfois pendant le message, le dimanche matin. (Quel choc !) Et j’ai avoué qu’il avait dû m’arriver aussi de ronfler un peu pendant un message ou deux. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je prêche, une heure me semble durer à peine dix minutes et, quand c’est quelqu’un d’autre, dix minutes me semblent durer une heure.
Alors, je sais bien que c’était une belle boulette, mais j’éprouve de la compassion pour les disciples quand je lis qu’ils se sont endormis au jardin de Gethsémané.
Pierre faisait partie des trois dormeurs. Sachant que, plus tard, il s’est même endormi la nuit précédant le jugement qui devait décider s’il allait vivre ou mourir, ce n’est sans doute pas très surprenant. Pierre se débrouillait mieux à la lumière du jour. Tu te souviens de ce passage où il était en train de prier un midi sur le toit d’une maison et où Dieu lui a donné une vision ? Donc, ce n’est pas qu’il ne priait pas, mais je crois qu’il avait juste des difficultés à prier tard le soir.
Et cette nuit ne ressemblait à aucune autre. Il était tard et ces trois disciples avaient connu un véritable marathon émotionnel. Jésus leur avait dit qu’Il allait partir et ils avaient du mal à l’intégrer. D’après Luc, ils s’étaient endormis sous l’effet du chagrin. Peut-être étaient-ils déprimés et désiraient-ils seulement se réfugier dans le sommeil en espérant que, quand ils se réveilleraient, tout serait redevenu comme avant ?
L’horreur vécue par Jésus
Mais, soudain, l’immensité de ce qui l’attendait a submergé Jésus. Le Fils de Dieu sans péché se tenait devant l’accumulation puante et terriblement douloureuse de tous les péchés, de toutes les rébellions jamais commises contre le Père. Il allait devoir porter ça. Bien sûr, la douleur du fouet, la honte et la croix L’attendaient également, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’était ce poids de péché qui le faisait davantage chanceler.
C’était horrible.
Quand le poids de ce qui allait arriver a heurté Jésus de plein fouet, Jésus « commença à éprouver de la frayeur et des angoisses » (Marc 14 :33). Plusieurs sources nous disent que Marc a choisi le terme grec le plus fort possible pour décrire une agonie émotionnelle en l’appliquant ici à Jésus.
Voilà la paraphrase de ce moment faite par Eugène Peterson dans la version The Message.
« Il arrivèrent dans un lieu appelé Gethsémané. Jésus dit à ses disciples : ‘Asseyez-vous ici pendant que je vais prier.’ Il prit Pierre, Jacques et Jean avec lui. Il sombra dans un gouffre de ténèbres suffocantes. Il leur dit : ‘Je me sens tellement mal que je pourrais mourir. Restez ici, et restez éveillés avec moi.’
« Il alla un peu plus loin, tomba face contre terre et pria pour qu’une issue lui soit donnée : « Père, si tu le peux – ne le peux-tu pas ? – sors-moi de cette situation. Éloigne cette coupe de moi. Mais, s’il te plait, qu’il n’en soit pas fait selon ma volonté – quelle est ta volonté ?
« Il revint les voir et les trouva profondément endormis. Il dit à Pierre : ‘Simon, tu t’es endormi quand j’avais besoin de toi ? Ne peux-tu me soutenir ne serait-ce qu’une heure ? Reste éveillé, prie, pour que tu n’entres pas dans une zone dangereuse sans même en avoir conscience. Ne sois pas naïf. Une part de toi est affamée de tout ce qui concerne Dieu, mais une autre part est paresseuse comme un vieux chien endormi devant un feu.
« Il s’éloigna et fit la même prière. En revenant, il les trouva à nouveau profondément endormis. Ils ne pouvaient tout simplement pas garder les yeux ouverts et n’avaient aucune excuse à offrir.
« Il revint une troisième fois et dit : ‘Allez-vous dormir ainsi toute la nuit ? Non. Vous avez dormi assez longtemps. Le temps est venu. Le Fils de l’Homme est sur le point d’être trahi et de tomber entre les mains des pécheurs. Levez-vous. Allons-y. Celui qui va me trahir est arrivé » (Marc 14 :32-34 traduit d’après la version The Message).
Jésus a remporté la bataille menée à la croix la nuit précédente, à genoux. C’est à Gethsémané qu’Il a reçu la force de faire la volonté de Son Père. C’est à Gethsémané que la bataille pour ton âme et pour la mienne a été remportée.
Pourquoi a-t-Il pris les trois disciples avec Lui ?
Souvent, quand Jésus priait ainsi, Il priait seul. Pourquoi a-t-Il pris Pierre, Jacques et Jean avec Lui cette fois-là ?
– Ils étaient Ses meilleurs amis et, alors que Son besoin était grand, Il désirait que quelqu’un soit là avec Lui?
– Ils avaient vu Sa gloire céleste sur le mont de la Transfiguration. Maintenant, Il leur laissait voir l’agonie et la faiblesse de Son humanité alors qu’Il luttait pour dire « Oui » à la volonté de Dieu. Pleinement Dieu, pleinement homme. Il était vulnérable. Ils avaient l’habitude de Le voir aux commandes, accomplissant des choses puissantes, enseignant, contrôlant la situation. Il leur a laissé voir Sa faiblesse pour qu’ils ne baissent pas les bras quand ils se sentiraient faibles.
Le pasteur John MacArthur a dit dans son message « le Jardin de Gloire » (du 14 avril 2017) : « Il a pris avec Lui Pierre, Jacques et Jean dans le jardin pour prier – prier avec Lui et prier pour Lui. Et, comme je l’ai dit plus tôt, ce n’était pas habituel. Il priait seul… Mais cette fois, pour la première fois de Sa vie, dans le jardin, Il n’a pas réussi à cacher Son chagrin plus longtemps. Il a partagé la profondeur de ce dernier avec Ses disciples – Pierre, Jacques et Jean – et avec tous ceux qui lisent ce passage. Son chagrin a atteint un sommet qu’Il n’avait jamais expérimenté auparavant. »
Max Lucado rajoute à ce sujet :
« Il s’est détourné, est entré dans le jardin et a invité Pierre, Jacques et Jean à L’accompagner… Il ne s’était jamais senti aussi seul… Il te voit dans ton propre jardin rempli d’arbres noueux et d’amis endormis. Il te voit en train de regarder le gouffre de tes propres échecs et l’entrée de ta propre tombe. Il te voit dans ton jardin de Gethsémané – et Il ne veut pas que tu y sois seul. Il veut que tu saches qu’Il est aussi passé par là. » *
J’aimerais ajouter une chose importante : les disciples n’ont pas compris l’importance de ce qui était en train de se passer. Le choc aurait électrifié leur vie de prière, tout comme l’arrivée de la foule les a finalement poussés à l’action. Demandons à Dieu de nous tenir éveillés pour que nous puissions voir ce qui nous entoure, afin de chercher auprès de Lui la force nécessaire dans notre temps de grand besoin.
Et de ne pas dormir …
